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Quelle boite à outils pour l'ostéopathe ?

Quelle boite à outils pour l'ostéopathe ?

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QUELLE BOITE A OUTILS POUR L’OSTEOPATHE ?

Le concept ostéopathique traditionnel nous impose de traiter un patient dans sa globalité plutôt que dans le cadre d’un ensemble de symptômes liés à une pathologie.

Cependant  il va disposer de techniques propres à son activité, nous pouvons donc parler de véritable boite à outils.

Evidemment l’ostéopathe peut utiliser les manipulations vertébrales qui restent ses gestes les plus connus, mais sa palette de techniques s’avère nettement  plus large, incluant aussi des techniques dites indirectes, fasciales ou fonctionnelles.

Avant toute correction ostéopathique, le praticien doit d’abord déceler par des tests spécifiques la ou les dysfonctions ostéopathiques à traiter.

Les dysfonctions ostéopathiques sont à l’ostéopathe ce que les signes cliniques sont au médecin dans le sens où elles vont permettre d’orienter le traitement correspondant.

LA DYSFONCTION OSTEOPATHIQUE

La dysfonction ostéopathique traduit l’apparition d’une restriction de mobilité dans une structure, souvent localisée dans une articulation mais aussi parfois simplement au niveau d’un tissu fascial ou viscéral.

En plus clair ce qui devrait bouger pour assurer notre santé ne bouge plus ou bouge mal...

L’un des concepts de base de l’ostéopathie énoncé par Still, le créateur de l’ostéopathie est « la vie est mouvement »

Ainsi pour les ostéopathes, la mobilité des tissus est vectrice d’une bonne vascularisation et d’une bonne vitalité tissulaire, et à l’inverse la dysfonction ostéopathique va entrainer ischémie et fibrose tissulaire.

Au niveau du rachis, il s’agit généralement d’une dysfonction vertébrale, mais toute autre structure environnante peut aussi cacher une dysfonction ostéopathique moins apparente et souvent plus difficile à diagnostiquer.

On nomme la dysfonction du nom du mouvement bloqué, par exemple en présence d’une 5éme vertèbre cervicale bloquée sur les paramètres de flexion et de rotation gauche, on parlera d’une dysfonction de FRS Gauche C5, F pour flexion, R pour rotation, S pour Side inclinaison naturelle qui accompagne la rotation.

Plus simplement, un tibia bloqué en avant entrainera une dysfonction de tibia antérieur.

On distingue la lésion ostéopathique primaire, qui est la plus ancienne dans la vie du patient, et les lésions ostéopathiques secondaires, qui résultent de la première.

En effet notre système postural dispose via le système nerveux central de la capacité à reconnaitre les dysfonctions et de les adapter en modifiant l’équilibre biomécanique d’autres zones, dites adaptatives, créant ainsi des dysfonctions secondaires.

La dysfonction ostéopathique  s’accompagne généralement d’une inflammation et d’une fibrose des tissus adjacents, elle peut être confondue avec la zone de douleur mais souvent elle se situe à distance.

Une fois localisées les dysfonctions à traiter, l’ostéopathe va rechercher dans sa boite à outils  les techniques les mieux adaptées à la localisation et à l’importance de la dysfonction.

Plusieurs stratégies sont possibles alors :

Comme c’est classiquement enseigné dans les écoles, on traite d’emblée la dysfonction primaire ce qui permet en théorie de corriger indirectement les dysfonctions secondaires.

Malheureusement, cette stratégie très séduisante sur le papier fonctionne rarement car les dysfonctions secondaires anciennes sont devenues avec le temps les primaires de nouvelles lésions et tout est plus compliqué.

En réalité, beaucoup d’ostéos corrigent d’emblée toutes les dysfonctions, tandis que quelques-uns sélectionnent un ensemble de corrections stratégiquement les plus intéressantes.

 

LE THRUST

C’est la technique la plus connue des ostéopathes, celle qui fait « craquer » les vertèbres, mais pas forcément.

En effet le « crac » ne signe absolument pas la réussite ou l’efficacité d’une manipulation, par contre une bonne manipulation va entrainer une vaso dilatation locale qui va créer une petite zone rosée, qui elle peut constituer la signature de la réussite du thrust.

Mais seul le renouvellement des tests objectivant la disparition de la dysfonction ostéopathique valide l’efficacité du thrust.

C’est une technique directe de correction de haute vélocité et de faible amplitude, utilisée fréquemment au niveau vertébral, mais que l’on peut appliquer à de nombreuses articulations notamment au niveau des membres.

Par exemple, en présence d’une vertèbre cervicale en dysfonction ostéopathique de rotation gauche extension, l’ostéo va placer la vertèbre en inversion de paramètres c'est-à-dire en simplifiant vers la rotation droite flexion et appliquer un geste correctif très vif et d’une amplitude juste suffisante et non dangereuse. C’est le thrust.

Attention n’essayez pas si vous n’êtes pas ostéopathe confirmé, car la manipulation est réalisée selon une gestuelle et un positionnement vertébral précis, après un examen préalable du patient.

 

LES TECHNIQUES FONCTIONNELLES

C’est une technique de correction indirecte, car ce n’est pas l’ostéopathe qui provoque directement la correction, mais il donne au corps du patient les moyens de corriger lui-même la dysfonction ostéopathique.

En effet, pour cela l’ostéopathe va commencer par accentuer les tensions lésionnelles afin de mieux informer les capteurs posturaux qui vont mieux reconnaitre la dysfonction et permettre ainsi une correction naturelle, respectueuse de la physiologie

Par exemple pour la même vertèbre que précédemment, on va la placer en rotation extension gauche, utiliser la respiration du patient pour accentuer  les paramètres lésionnels, puis sur un second temps respiratoire accompagner la correction naturelle de la vertèbre.

 

LES TECHNIQUES FASCIALES ET LE RECOIL

Ces techniques s’adressent préférentiellement au tissu fascial, c'est-à-dire ligaments membranes et aponévroses, dont les pertes d’élasticité locales vont constituer des lésions ostéopathiques.

Les techniques de corrections fasciales sont des techniques d’ostéopathie douce, qui peuvent être particulièrement intéressantes sur des patients fragiles ou âgés.

L’ostéo se met en écoute des tensions des tissus et accompagne délicatement les tissus sur la respiration pour en récupérer l’élasticité.

Contrairement à la correction fonctionnelle, c’est bien ici l’ostéopathe qui impose les paramètres de correction en fonction de la correction jugée la mieux adaptée.

Exemple de la vertèbre cervicale en extension rotation gauche : on va retrouver dans les tissus environnants une fibrose ou perte d’élasticité des fascias dans la zone lésionnelle, l’ostéopathie va accompagner le relâchement des tissus sur un temps respiratoire du patient jusqu'à relâchement des tensions.

Une variante intéressante de traitement fascial a été mise au point par un ostéopathe français : c’est le recoïl de Paul Chauffour.

Le principe du recoil consiste à libérer la fixation des tissus fasciaux en appliquant contre la résistance des tissus une très vive impulsion, de haute vélocité mais de plus faible amplitude que le thrust, qui n’est pas manipulative au niveau articulaire.

L’impulsion envoyée par l’ostéopathe est suivie d’un retrait très rapide de la main ou du doigt correcteur, permettant au système postural seul de corriger la dysfonction.

L’efficacité du recoil est bluffante lorsqu’il est bien réalisé, mais réclame une extrême précision du praticien.

Il faut dans cette technique encore plus que dans les autres établir un langage entre le thérapeute et le corps du patient, il faut donc si l’on peut dire avoir appris la bonne langue pour s’adresser en ami au corps du patient.

 

Extrait de « Kiné ou ostéo, qui consulter ? » de Vincent ARIN STOCCHETTI, Editions Ostéopathie Conseil, plus d’extraits sur le site de l’auteur : www.leslivresdemonosteopathe.com

Vincent ARIN STOCCHETTI Ostéopathe DO Kinésithérapeute DE Auteur d'ouvrages sur l'ostéopathie.

Je suis aussi auteur d'un site www.leslivresdemonosteopathe.com et de deux blogs : http://leslivresdemonosteopathe.blogspot.fr/, http://chezlekineosteo.blogspot.fr/